{"id":198,"date":"2022-11-28T00:37:03","date_gmt":"2022-11-27T23:37:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.simonesimon.com\/portfolio\/?page_id=198"},"modified":"2025-01-08T15:10:28","modified_gmt":"2025-01-08T14:10:28","slug":"sur-le-passage-de-quelques-personnes-a-travers","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.simonesimon.com\/portfolio\/sur-le-passage-de-quelques-personnes-a-travers\/","title":{"rendered":"Sur le passage de quelques personnes \u00e0 travers"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"is-layout-flex wp-container-3 wp-block-columns\">\n<div class=\"is-layout-flow wp-block-column\" style=\"font-size:14px\">\n<h5>Sur le passage de quelques personnes \u00e0 travers&#8230;<\/h5>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">Entourage ? Il s\u2019agirait, premi\u00e8rement, de juste \u00e7a, pas plus.Un jeu de va-et-vient fugitif et sage entre un int\u00e9rieur et un ext\u00e9rieur d\u00e9coupl\u00e9s, une perm\u00e9abilit\u00e9. Il s\u2019agirait, un instant seulement, d\u2019avoir le souci du monde, le souci de ce qui entoure, de ce trouble anneau de m\u00e9t\u00e9orites impersonnelles qui ceinture nos vies. Le souci du voisinage et le souci du transitoire. Sauvegarder pour la post\u00e9rit\u00e9 quelque chose de cette multitude grouill\u00e9e, affair\u00e9e, fugace. Non pas la faire exister, bien s\u00fbr (elle existe d\u00e9j\u00e0 et elle est au courant, merci pour elle), mais la rendre plausible, en quelque sorte. En traquer les justesses rauques. L\u2019autoriser. \u00catre, un instant seulement (le temps que dure la d\u00e9clenche), l\u2019auteur, l\u2019inventeur de ces pantomimes minuscules que rien, sinon les nuances compliqu\u00e9es et sans accord de la chair et des habits, ne distingue de l\u2019animal et du n\u00e9ant. Et puis quelles processions&#8230;Baguettes de pain comme des glaives, chiens vari\u00e9s mais fid\u00e8les comme des lieutenants, outils de plage en \u00e9tendard; la passage guerroyant de la vie, sans cesse et malgr\u00e9 lui-m\u00eame en d\u00e9fil\u00e9, parce que rien n\u2019est gagn\u00e9 d\u2019avance, Et \u00e7a encore, c\u2019est seulement l\u2019arri\u00e8re-plan, le fond, l\u2019histoire qu\u2019on s\u2019en raconte apr\u00e8s coup. Parce qu\u2019en suite&#8230;<br><br>Ensuite, entourage encore. Qu&rsquo;est-ce qui rend chaque image remarquable et unique sinon son cadre et comment elle en franchit sans cesse les limites? L&rsquo;encadrement de la vitrine redouble les limites de la photographie. La vitrine d\u00e9limite le champ d&rsquo;intervention du regard photographique .Comme une mire ou comme un petit th\u00e9\u00e2tre entre les quatre bords duquel n&rsquo;importe quoi peut (et doit) advenir. Les acteurs rentrent tour \u00e0 tour par un c\u00f4t\u00e9, seuls ou en famille ou avec le chien.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"is-layout-flow wp-block-column\" style=\"font-size:14px\">\n<p style=\"font-size:14px\"><br><br><br>Ils traversent le champ, sortent par l&rsquo;autre bord, aux commissures quadrangulaires de cette bouche assoiff\u00e9 d&rsquo;images. Mais le regard, d\u00e9j\u00e0, les suit hors champ.<br><br>Ils ont quelques secondes durant, jou\u00e9 un r\u00f4le, le plus souvent \u00e0 leur insu. Non pas leur propre r\u00f4le. Ces photographies ne sont aucunement des portraits. Evidemment. On ne peut faire le portrait de quelqu&rsquo;un \u00e0 son insu et personne n&rsquo;est ressemblant s&rsquo;il ignore qu&rsquo;il est observ\u00e9. Personne. Personne ne se ressemble et le monde, au jour le jour, est fonci\u00e8rement flou .On le v\u00e9rifie ici. Chaque passant n&rsquo;est que le figurant d&rsquo;une plus vaste production, qui le d\u00e9passe et le sublime; la couler unique et subtile d&rsquo;un plus ambitieux et plus universel portrait difficile \u00e0 d\u00e9finir. Celui du genre humain, peut \u00eatre. Mais on n&rsquo;approche l&rsquo;arch\u00e9type qu&rsquo;avec de la rigueur. C&rsquo;est pourquoi le protocole d&rsquo;observation est aussi serr\u00e9. La photographe s&rsquo;est install\u00e9e dans la vitrine anodine d&rsquo;une anodine officine d&rsquo;un boulevard anodin. Par l\u00e0 m\u00eame, elle renverse le protocole traditionnel du regard urbain: c&rsquo;est la vitrine qui observe les \u00e9talages du badaud, et non plus l&rsquo;inverse. Dans la vitrine, l&rsquo;oeil appareill\u00e9 surveille le cours tranquille du monde. Le badaud, souvent ne le remarque pas. Mais parfois un contre-regard se d\u00e9ploie, qui offre une prise contradictoire \u00e0 la surveillance t\u00e9nue, un peu de r\u00e9sistance. D\u00e8s lors, le monde devient un peu plus que cette p\u00e9riph\u00e9rie un peu lointaine, superficielle qui s&rsquo;offre \u00e0 qui la sollicite sans emphase. Le monde devient pluriel et singulier \u00e0 la fois; passager, traversant. Exotique.<br><br>Maxime Matray, 2002<br><br>Exposition en 2002, LE DOJO, Nice<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur le passage de quelques personnes \u00e0 travers&#8230; Entourage ? Il s\u2019agirait, premi\u00e8rement, de juste \u00e7a, pas plus.Un jeu de va-et-vient fugitif et sage entre un int\u00e9rieur et un ext\u00e9rieur d\u00e9coupl\u00e9s, une perm\u00e9abilit\u00e9. 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