LES YUCCAS

L’intime, c’est ce qui fait que nous sommes semblables malgré nos différences et nos cultures. Dans un entretien donné en 2010 en marge de l’exposition « Monumenta » présentée au Grand Palais à Paris, Christian Boltanski définit ainsi son travail d’artiste : « Mon oeuvre parle de l’unicité de chaque être, de sa fragilité. Chacun pour moi est merveilleux et en même temps chacun disparait dans la mémoire des autres tellement rapidement ».
C’est peut-être cet instant de vie, cette fragilité que la photographie peut saisir, cette émotion qui fait que nous sommes uniques. Le travail photographique présenté ici est né d’une rencontre entre l’artiste Simone Simon et les femmes du Centre d’hébergement et de réinsertion sociale « Les Yuccas » qui accueille des femmes seules en situation de précarité et de rupture, avec ou sans enfants.
Le fil conducteur de ce travail a été de permettre aux femmes de s’exprimer, d’être photographiées et écoutées au-delà de tout préjugé. Quels sont leurs désirs ? Leurs rêves ?
La photographie peut amener les femmes vers une reconstruction narcissique qui a été altérée par les violences qu’elles ont subies. L’oeil qui photographie est celui d’une artiste qui leur permet d’exister en se confrontant à l’autre. Ce n’est plus le regard du travailleur social mais celui du photographe qui tente de saisir un instant de vérité.

Un diaporama réalisé par Simone Simon et diffusé lors de la journée Portes ouvertes du 6 octobre 2015 aux « Yuccas ».

Karine De Checchi
est assistante sociale au CHRS « Les Yuccas »

Maxime Matray Réalisateur 2002-10-13

Les yuccas














Amandine

Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur.
Henri Cartier-Bresson

Les Yuccas
















I want to be happy every time,
I have to focus my mind on what I want
for living in a best life.
Aiosa

Les Yuccas
















Jusqu’à 10 ans j’ai grandi dans l’amour
comme si ma mère vivait toujours auprès de moi.
Je n’ai pas senti que j’étais orpheline,
j’ai été toujours entourée par la famille.
Fanta

Les Yuccas
















J’ai 20 ans et j’ai un petit garçon que j’ai eu
à 16 ans. J’espère pouvoir vivre bientôt avec mon
petit bout.
Emma

Les Yuccas
















Je m’appelle Naomi. J’ai 22 ans, je suis nigériane,
je suis heureuse d’être en France.
J’apprends le métier de cuisinière, j’espère un
jour devenir une grande cuisinière.
Naomi

Les Yuccas
















I’d love to marry and have my kids.
Before that, I would like to speak french fluently.
It’s my dream for now.
Linda

Les Yuccas
















J’aime courir et nager, mais ce que j’aime ici
c’est qu’on est protégées ma maman et moi.
Ilza

Les Yuccas
















Ce que je voudrais c’est pouvoir vivre normalement
avec mes enfants, sans m’inquiéter de ce qui va
nous arriver demain.
Delphine

Les Yuccas
















Je m’appelle Blessing,
je suis Nigériane, j’ai 27 ans
et je suis célibataire.
Blessing

Les Yuccas
















Je ne pourrai pas être heureuse si
je ne vis pas avec tous mes enfants.
Peut être, avec le temps,
je pourrai trouver un bon travail
et réunir mes enfants.
Tecla













Remerciements :


Aux résidentes pour leur participation et leur témoignage.
À l’équipe des Yuccas, Pôle Hébergement Insertion, Association A.L.C pour leur travail au quotidien.
À Charlotte Pringuey -Cessac pour sa précieuse collaboration.
Et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont manifesté leur soutien.


Le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale Les Yuccas est financé par l’État (direction départementale de la cohésion sociale).